Les féministes disent NON aux TTIP, CETA et TISA pendant le passage de la Caravane à Barcelone

Barcelona TTIPNous, féministes, femmes, lesbiennes et trans, avons de nombreuses raisons de dire NON aux TTIP, CETA et TISA :

  • Parce que ces traités sont le résultat des politiques patriarcales et néolibérales, qui sauvegardent les droits des entreprises transnationales et des institutions financières comme étant plus importants que les droits des individus, des peuples et de la planète

  • Parce qu’ils vont mener à une re-privatisation brutale des services publics, menaçant la soutenabilité de nos vies, menant à développer le travail de soin (care) assuré essentiellement par les femmes. Parce qu’ils vont renforcer les logiques patriarcales d’invisibilisation et de naturalisation du travail de soin, mettant les femmes dans une position de responsabilité et de culpabilisation.

  • Parce qu’ils représentent une attaque féroce contre nos conditions de vie, aggravant, élargissant et perpétuant l’urgence sociale dont nous souffrons déjà, due aux politiques d’austérité et d’ajustement. 

  • Parce qu’ils visent la privatisation et la marchandisation des services publics, de la santé, de l’éducation, de la gestion publique de l’eau et des énergies, des transports, etc. L’existence des services publics est cruciale pour la prise en charge des services de base permettant la soutenabilité de nos vies, basé sur les principes d’universalité et d’équité. Pour nous, les femmes, l’augmentation du chômage, de la précarité, de la privatisation et marchandisation des services publics est un retour en arrière par rapport à la socialisation d’une part importante du travail de soin (care) qui retombera sur les ménages. 

  • Parce que les droits des travailleuses et travailleurs et les conditions de travail vont devenir pire encore, causant davantage de précarité et d’insécurité, de salaires de misère et de conditions de travail qui mettront les travailleuses et travailleurs dans une situation d’impuissance face aux attaques des employeurs, en raison de l’obligation d’harmonisation des politiques avec les Etats-Unis – un pays qui n’a pas ratifié 6 des accords essentiels de l’OIT sur la liberté syndicale, l’équité salariale, l’âge minimum de travail ou la négociation collective. 

  • Parce qu’ils sont une menace pour notre santé, ils ouvrent les portes de l’Europe aux cultures transgéniques et à leur consommation, à l’utilisation de pesticides jusqu’à maintenant interdits, aux produits chimiques avec les perturbateurs endocriniens, à la consommation de viande traitée aux hormones et chlorée. Notre droit à la santé et à décider ce que nous mangeons sont deux aspects fondamentaux pour une vie soutenable et ils font partie de notre lutte pour le droit à disposer de nos corps.

  • Parce qu’ils représentent une menace massive pour la survie des petits paysan-nes, qui ne seront pas en mesure de rivaliser avec les grandes entreprises agroalimentaires. Parce que le droit à une nourriture suffisante, saine et produite localement ne sera plus protégé pour la plupart des gens. Au lieu de cela, le marché va décider qui peut manger et ce que nous mangeons.
  • Parce que les projets alternatifs nés du principe de la souveraineté alimentaire, défendues par tant de femmes productrices et consommatrices et un domaine si important de réflexion et d’action féministe, sera subordonné à la cupidité des grandes entreprises transnationales agroalimentaires.

  • Parce qu’ils augmentent la consommation de combustibles fossiles et l’exploitation du gaz de schiste, augmentant les émissions de CO2 dans l’atmosphère, contribuant ainsi au changement climatique et à mettre en péril la biodiversité.

  • Parce que ces traités, qui établissent ce qu’on appelle le mécanisme de règlement des différents Investisseurs-Etats et le Conseil de coopération réglementaire, vont rendre impossible toute initiative de législation sur les biens communs, que ce soit au niveau local ou national. Ils représentent une attaque dramatique contre la démocratie et la souveraineté des peuples et des individus. 

  • Parce que nous sommes indignées par le processus secret et antidémocratique des négociations de ces traités, alors que nous subissons les conséquences de la marchandisation de nos vies, et le refus d’accès à l’information sur ces négociations et le droit d’intervenir, alors qu’ils négocient avec les lobbies industriels et financiers.

Pour toutes ces raisons et beaucoup d’autres, nous, féministes, nous battons pour un modèle de société et de système économique qui met la soutenabilité de la vie au cœur de toutes les politiques. Et nous affirmons : 

Non au TTIP, non au CETA, non au TISA!

Nous voulons des vies dignes, libres du patriarcat et du capitalisme !

Longue vie à la lutte féministe !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *